Le jeune homme a l’air vieux alors qu’il marche si lentement dans la cour du Louvre, le Palais-Royal, sur l’hymne européen, l’Ode à la joie. Vieux dans les habits de cette Ve République qui ne sait que couronner des rois. Vieux dans cette attitude d’allégeance aux normes européennes que jamais nous ne déciderons. Il est élu parce qu’elle est battue ; parce que le peuple français n’a pas voté pour elle, soit en votant Macron (66,1% des exprimés soit seulement 43,63 % des inscrits), soit en s’abstenant (25,44% des inscrits), soit en votant blanc (8,51% des votants) ou nul (2,96% des votants). Le peuple français n’est pas d’extrême droite. Mais il n’est pas non plus macroniste.

Là où Macron est le plus haut au second tour de la présidentielle, c’est là où la France insoumise de Mélenchon était forte au premier. Qu’on ne nous dise pas que Mélenchon n’a pas permis de dégager le FN. Macron a donc une dette.
Les voix qui se sont portées sur lui n’adhèrent pas toutes à son projet, loin de là. Il y en a même beaucoup qui l’année dernière s’élevaient contre lui et sa loi travail. Il n’y a aucune raison que cette conviction ait disparu.

Or Macron a prévenu de son QG hier soir qu’« il ne se laisserait arrêter par aucun obstacle ». On a compris. Il fera usage de tous les moyens autoritaires que lui offre la constitution : les ordonnances en été et la procédure accélérée pour aller vite, le 49-3 si le Parlement n’est pas docile, la dissolution s’il a osé se rebeller. Une constitution contre l’insoumission.
Fragile parce qu’il n’a pas de majorité sur son projet, Macron va devenir dangereux, parce qu’il dispose maintenant de pouvoirs exorbitants et n’a pas d’autres moyens que de les actionner pour appliquer un programme économique inadmissible pour le grand nombre.

Raison de plus pour être là : majoritaires à l’Assemblée nationale après les élections législatives et dans la rue. Nombreux, vigilants, déterminés contre les attaques impatientes de l’oligarchie et pour imposer une autre orientation pour le pays.
Face à un président irresponsable de par son statut, nous serons les gens sérieux et responsables. Le mandat d’insoumis doit être exigeant si l’on veut rompre avec le vieux monde. La Charte que j’ai signée en tant que candidate de la France insoumise aux législatives m’oblige résolument : « Dans notre vision de la révolution citoyenne que doit accomplir notre pays, le groupe des députés doit être entièrement au service de la mobilisation du peuple, l’éclairer, l’accompagner, la nourrir, porter sa parole dans l’hémicycle et par les votes. »

Pour continuer ce que nous avons commencé avec le très bon score du premier tour de la présidentielle, il va falloir retourner voter France insoumise les 11 et 18 juin 2017 et nous fédérer autour du programme qui a déjà gagné tant de voix : l’Avenir en commun.

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