Il n'est pas un jour dans cette campagne où les représentants de la France insoumise, porte-parole national ou candidat aux législatives, ne subissent des attaques de tous bords. On constate ici ou là des ententes implicites pour couvrir systématiquement nos affiches, quand elles ne sont pas déchirées sur les panneaux officiels. Puis il y a aussi, faute d'imagination ou de projet sans doute, la reprise ou le détournement de nos slogans pour tenter de faire croire au soutien de Jean-Luc Mélenchon. De sorte que notre image, individuelle ou collective, soit ternie ou brouillée. Par définition, ce n'est pas le fond qu'on attaque, c'est la forme : un style, un mot, un hommage, une stratégie.

Au bout du compte, plus personne ne s'y retrouve puisque plus aucune proposition n'est intelligible. Dans ces conditions, les alternatives ne sont pas présentées. Les choix authentiques entre plusieurs types de sociétés deviennent impossibles. Et le maintien de l'ordre établi est garanti. Voici comment un système politique, économique et institutionnel, se perpétue. Or la capacité à choisir librement entre plusieurs options est ce qui fait que nous sommes en démocratie.

C'est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon court la France, en plus de sa propre campagne à Marseille, pour soutenir les candidat.e.s de la France insoumise et dissiper la confusion quand elle est entretenue par nos adversaires. C'est ainsi que nous l'avons accueilli au pied levé en Essonne lundi 29 mai à Massy avec Philippe Juraver, à Évry avec Farida Amrani et dans notre circonscription à Grigny à la Grande Borne. Cet événement rend explicite le lien entre notre campagne présidentielle et la campagne trop courte des législatives. Il rend également visible le lien de fond qui unit les candidat.e.s aux législatives : le programme L'Avenir en commun. Puisqu'à cette occasion nous avons pu à nouveau démontrer combien ce programme répondait aux urgences auxquelles les gens sont quotidiennement confrontés.

D'une certaine manière, l'affaire Ferrand, du nom du ministre de la cohésion des territoires, nous y aide aussi. Ce qui lui est reproché - enrichissement sans cause et emploi d'un membre de sa famille comme assistant parlementaire - n'est pas forcément illégal mais choque d'un point de vue moral et donc politique. La présentation d'un projet de loi de moralisation de la vie publique par le ministre de la Justice Bayrou au même moment est l'occasion de le dire et de faire des propositions audacieuses : celles de notre programme. C'est pourquoi nous avons profité de notre entrevue avec François Bayrou mercredi matin - Jean-Luc Mélenchon, Leila Chaibi, Eric Coquerel et moi-même - pour suggérer au ministre d'ajouter à un dispositif bien léger le moyen pour les électeurs eux-mêmes de faire part directement et hors élection de leur désaccord avec les choix et pratiques politiques de leurs représentants : le droit de révoquer les élu.e.s.

Cette proposition tient toujours et constitue avec les mesures de protection des travailleurs, l'axe majeur de notre argumentaire en faveur des candidat.e.s de la France insoumise. Nous constatons que pas plus que les vieux partis effondrés, En Marche et ses cadres ne sont prêts à prendre les dispositions radicales indispensables pour faire respecter les principes de probité et de rigueur morale qu'ils revendiquent par ailleurs. Même si nous nous en doutions, ces affaires ajoutées à la faiblesse de la réponse de ce gouvernement vont encore produire déception, abstention et désarroi politiques. Il y a urgence à sortir de ce bourbier qui étouffe le peuple et la démocratie. Seul le bulletin de vote France insoumise permettra d'élargir la brèche ouverte au premier tour de la présidentielle.

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