Bonsoir chers amis. Merci d’être venus si nombreux. Je salue les autorités républicaines municipales et préfectorales qui ont permis que se tienne ce rassemblement de campagne pour le second tour de l’élection législative. C’est d’une importance cruciale car il y va de la liberté de réunion qui est une liberté publique.

Merci aussi aux militants et professionnels qui ont participé à l’organisation de cet événement. Le moins que l’on puisse dire c’est que nous faisons campagne, une campagne de terrain ! Combien de copains et de copines les bras pleins de tracts sont allés à la rencontre de la population pour alerter sur le risque de l’abstention, pour expliquer la différence entre les offres politiques de ce second tour ? Vous vous êtes encore multipliés ! Sans compter le renfort de nos alliés qui ont appelé à voter pour moi à ce tour de l’élection : merci aux camarades communistes, à ces élus de premier plan, d’avoir su le faire. Merci pour cette énergie partagée avec les camarades sur le terrain qui, quelle que soient leurs appartenances, viennent donner la main parce qu’ils savent le danger que nous courons.
Cette énergie n’est pas l’énergie du désespoir. C’est tout l’inverse : c’est l’énergie de l’espoir, l’espoir de se faire entendre pour gagner un DROIT A LA REPRESENTATION à l’Assemblée nationale. Je vous parle d’un droit démocratique que tout le monde peut comprendre : un droit à avoir une représentation à la chambre des députés là où s’exprime en principe la volonté générale. D’ailleurs l’Assemblée nationale n’est-elle pas cette chambre dite de la représentation nationale ? Vous savez que c’est le nom qu’on lui donne parfois ? On dit aussi la chambre des représentants. Quand tous les soi-disant représentants représentent le même parti, celui du président, ce n’est plus de la représentation, c’est un système de parti unique. Ce n’est plus la démocratie, c’est de l’autocratie ; surtout quand le Président à autant de pouvoir, sauf celui de voter directement la loi.
Qu’est-ce que serait une assemblée nationale sans la représentation de la voix du peuple, ce peuple qui a parlé au premier tour de l’élection présidentielle ? Souvenez-vous , il y avait 4 candidats « dans un mouchoir de poche » : 1) Macron 2) Le Pen 3) Fillon 4) Mélenchon. Tous étaient très proches et représentaient à eux 4 plus de 80 % des voix : Macron 8,6 millions de voix ; Le Pen 7,6 millions ; Fillon 7,2 millions ; Mélenchon 7 millions. Nous sommes très proches et à l’arrivée à l’Assemblée nationale, il n’y aurait quasiment que du Macron et un peu de LR qui a profité de la proximité des idées avec Macron. Regardez le Gouvernement de Macron qui a un chef LR, Edouard Philippe !

Pas de France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ? Si le mode de scrutin était proportionnel, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon pourraient être représentés à l’Assemblée nationale à hauteur de presqu’un quart des sièges. N’est-ce pas un problème de ne même pas pouvoir espérer un dixième soit 58 députés, le nombre minimum pour déposer une motion de censure contre le gouvernement ? Mais dans quel régime vit-on ?

On a d’ailleurs un avant-goût de cette toute-puissance dans la campagne de second tour, où on a l’impression que les candidats d’En Marche n’ont même pas besoin de faire campagne ; comme des joueurs qui font du refus de jeu (C’est interdit par l’arbitre en principe).
Nous ne sommes pas les seuls à en pâtir. La preuve : je ne compte plus ces candidats de la France insoumise qui sont au second tour et qui demandent en vain un débat d’entre-deux tours : mes amis Danielle Simonnet, Alexis Corbière, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Leila Chaibi, Adrien Quatennens, et j’en passe.
En principe en démocratie, des idées différentes circulent, on discute, on parlemente, et on décide à la majorité. Dans une campagne de second tour, quand il ne reste que deux candidats, on doit tenir un discours qui permet d’en choisir un des deux, celui ou celle qui correspond le plus à ses propres idées. Pour faire ce choix encore faut-il qu’on ait eu l’occasion de connaître les idées de chacun et de les confronter : ça s’appelle un débat. J’ai proposé un débat à mon adversaire, une fois lundi sur BFMTV chez Ruth El Krief pour que ce soit très officiel, une autre fois mardi entre 4 yeux quand nous nous sommes croisés au moment de déposer nos candidatures à la préfecture. Comme je n’ai pas eu de réponse positive, je fais une dernière tentative là maintenant : demain soir à partir de 20h nous avons antenne ouverte à l’aimable invitation de la Web radio locale Block Out qui est animée par des jeunes gens très brillants de Grigny. Je propose donc au représentant du parti du Président Macron dans notre circonscription de participer à un débat public sur cette web radio locale pour que nous échangions nos points de vue sur les thèmes qui intéressent les gens. On lui demande ensemble ? Le débat ! Le débat !
On va voir…

Bon parlons peu mais parlons bien au cas où nous n’aurions pas l’occasion d’avoir ce fameux débat. C’est le moment où jamais de le faire. Comme je n’ai pas les mots de mon adversaire, au moins ai-je ses idées telles qu’elles ressortent des projets d’ordonnances du Président Macron, de ses déclarations sur l’état d’urgence, du projet présenté par le ministre de la Justice sur la moralisation, etc. Je résume les 2 premiers axes de sa politique qu’on commence à apercevoir, même s’ils sont encore bien cachés. Si bien que quand on fouine un peu trop on se prend un procès de la part de la ministre du travail… Je rappelle que des journalistes sont poursuivis par la ministre du travail pour avoir révélé une partie du projet d’ordonnances de Macron dans la presse !
Les 2 axes principaux :

  1. Un projet de refonte complète du code du travail dans le sens de la flexibilisation du marché du travail. Je traduis : faire en sorte que les patrons puissent se séparer plus facilement de leurs salariés et qu’une embauche leur coûte moins cher. Dans tous les cas, les salariés sont perdants puisqu’ils perdent la protection de la loi s’agissant de leurs conditions de travail et même du niveau de leurs salaires, et qu’ils ne gagnent aucune garantie que les patrons embaucheront plus. Il est même prouvé qu'il n'y a aucun lien de causalité entre la dégradation des conditions de travail et la baisse du chômage.
  2. Un projet de faire entrer les mesures de l’état d’urgence dans le droit de tous les jours pour pouvoir limiter les libertés et en particulier la liberté de manifester. Tiens tiens ! Est-ce que ce projet est bien en rapport avec le terrorisme, problème qui, lui, doit être combattu par d’autres moyens que la limitation des libertés de toute la population (on en parle dans notre livret programmatique sur la sécurité) ? N’est-ce pas plutôt en rapport avec ce qu’on vient de dire à propos de la protection des salariés ?

Réfléchissez : Quand les salariés vont s’apercevoir que leurs protections disparaissent les unes après les autres et que la qualité de leur vie au travail baisse tout comme leur pouvoir d’achat, croyez-vous qu’ils vont se laisser faire ? Croyez-vous que les syndicats vont laisser passer ? Non. Tout le monde sera dans la rue contre la Loi El Khomri !
Problème : si le ministère de l’Intérieur a tous pouvoirs pour empêcher les gens de manifester que va-t-il se passer ? Ce sera un affrontement très violent permis par la loi nouvelle, celle de Monsieur Macron votée par ses 400 députés.
C’est inadmissible en démocratie !
Nous devons pouvoir présenter des arguments différents qui permettent de démontrer que d’autres voies existent. Et pas seulement dans la rue où en plus le pouvoir ne fera pas de quartier !
Nous devons pouvoir exiger un droit à la parole contraire !
Je vais citer cet écrivain italien qui est aussi un militant contre la destruction de l'écosystème de sa région, Erri De Luca : « Pour moi, en tant qu'écrivain et en tant que citoyen, la parole contraire est un devoir avant d'être un droit. » (E. DE LUCA, La parole contraire)
Ce droit à la parole contraire que je revendique ici, ce n'est pas de l’esprit de contradiction, c’est de l’esprit civique et l’exercice d’un droit et d'un devoir de résistance à l’oppression ! Il faut que cette parole soit représentée à l'Assemblée nationale.
C’est aussi un point d’appui pour les revendications des travailleurs qui auront besoin d’un relais DANS les institutions.
Une candidature telle que la mienne porte tout cela : c’est une voix humaniste, républicaine, écologique et sociale ; c'est-à-dire tous les qualificatifs qui s’appliquent à ce que nous avons porté pendant la campagne présidentielle et celle qui se déroule en ce moment.
Une candidature telle que la mienne porte aussi une autre manière de faire de la politique. Vous avez vu tous les ateliers des lois qu’on a faits ; sur tous les thèmes de la vie : emploi, logement, éducation et quartiers populaires, planification écologique, sécurité et justice ; dans chacune des 5 villes de notre circonscription. C’est un moyen pour tous de prendre la parole avec un but : celui d’exercer un pouvoir populaire légitime.
Nous sommes infatigables : demain nous serons dans les rues de la circonscription tous ensemble, tract à la main pour expliquer et faire revenir aux urnes ceux qui s’en sont détournés par manque d’espoir. Macron a tué l’espoir populaire (ou presque) ; faisons-le renaître !
Pas de résignation !
La force humaniste, républicaine, écologique et sociale que nous sommes peut gagner dimanche !
Nous n’avons que notre énergie militante pour transmettre cette conviction ! En avant !

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